Exposition – mars 2022 – Galerie Paul Bovée – Delémont

GENEVIEVE LAPLANCHE – DU 4 AU 27 MARS 2022

RESSOUVENANCE

Deux ensembles se déploient le long des murs de la galerie.
Estampes linographiques, impressions superposées et multiples.
La traduction gravée réinterprète le sens que le regard accorde aux sujets représentés.

D’un côté, textes et images se superposent ; leur accumulation crée une nouvelle lecture.
Des pans d’histoires, récentes ou d’après des œuvres des XVI-XVIIIe siècles.
Appropriation du passé, dépouillé de ses références, hors contexte.

De l’autre, paysages ravagés, “natures mortes”, là où repoussent parfois des fleurs colorées…

Ressouvenance 
Représenter des événements du passé proche ou lointain, pour les tirer de l’oubli.
Graver, comme une nécessité de laisser quelques traces, de re-produire des éléments égarés de nos mémoires.
Et à terre, jonchée d’autres images sombrées dans l’indifférence, rejetées par nécessité de ne pas se souvenir de tout.

A GAUCHE

SUR LA ROUTE

Sur la route – Après le 11.03.2011 – 9,1 Mw – région Töhoku

2019-2021, linogravures sur deux papiers japon superposés, images env 21 x 30 cm

“11 mars 2011 à 5 heures 46 m. 23 s. UTC (14 h. 46 m. 23 s. heure locale) – Magnitude 9, 1 MwIntensité maximale 7 (échelle de Shindo) – Epicentre 38° 19’ 19’’ Nord, 142° 22’ 08’’ EstProfondeur 32 km – Hauteur maximale tsunami 39 m ­- Région TöhokuBilan : 15’897 morts, 2’534 disparus, 6’152 blessés et 139’000 réfugiés”

…Tel pourrait être l’intitulé de ces visions “hors lieu”, dénuées de toute humanité.
Titre froid et anonyme à l’image de la désolation des lieux…

Dix ans après : ces territoires – situés pourtant à environ 150 km du reconnu “épicentre” ­sont toujours dévastés, saccagés, défigurés… Villages de pêcheurs anéantis et disparus à jamais…
Face à la mer – océan désormais redouté, digues et blocs de béton sont entassés le long des côtes : barricades dérisoires face aux déchaînements incontrôlables des profondeurs sous-marines, hors de contrôle de tout effort humain.
Dix ans après… ces paysages se révèlent à nous dans leur inexprimable vérité.
Constat implacable du désastre, se révélant aussi… beauté dépouillée et nue.
Que nous pourrions nommer Natures mortes

Dix ans après – un espoir dans ces terrains ravagés – fleurissent les essences de la région : marguerites, tournesols, roses, gentianes, lisianthus ou les fameuses fleurs de cerisiers.
Pourtant, certaines d’entre elles, les marguerites en particulier apparaissent quelques fois “mutantes”, victime de fasciation (croissance anormale des végétaux, dont les causes possibles sont des mutations génétiques, des bactéries, des infections virales, voire un dommage chimique)…

A DROITE

RÉALITE, d’après Algardi
APPROPRIATION, d’après Aspertini
RÉEL-VOIR, De front

Suites de linogravures et plaques typographiques, impression sur vélin et papier japon
multiples à partir de 29 planches ; images env. 17,5 x 21,5 cm

Scènes iconographiques historiques se succèdent et s’additionnent, découvrant simultanément finesse et raffinement autant que brutalité et violence.
Ces créatures arrêtés dans leur élan – additionnées de personnages en mouvement, comme pris sur le vif – révèlent une série d’analogies entre les poses.
Vouée à être déclinée en séquences les unes par rapport aux autres, chaque suite est une composition faite de superpositions, successions et répétitions, jusqu’à la confusion parfois, créant de nouvelles incidences ou enchaînements qu’une figure renvoie à l’autre.

Un terme est associé à chaque suite et sa définition est énoncée en filigrane.
La signification des images et leur message en sont modifiés.
Selon qu’elles proviennent d’un fonds muséal ou artistique prestigieux, d’un magazine sportif ou de quelque document numérique de basse définition relatant des émeutes, les scènes sont toutes porteuses de faits parfois violents, d’esthétisme ou d’informations éphémères ou historiques.
Sorties de leur contexte, quelles que soient leur source ou leur provenance, elles laissent au spectateur toute liberté d’une lecture nouvelle et inédite.

SUITES

Réalité – d’après Algardi
Source : Alessandro Algardi (1598-1654, dit l’Algarde, école bolonaise)
Jésus succombant sous le poids de la Croix de Sainte Véronique
Dessin : plume, pierre noire, lavis brun et encre brune – Paris, musée du Louvre, D.A.G.

Voir – De front
Source : Scène de l’Intifada (15 octobre 2011


Appropriation ‖ d’après Aspertini
Source : Amico ASPERTINI (1474-1552, école bolonaise)
Jeune homme expirant dans les bras d’un vieillard, aux pieds d’un guerrier
Dessin – Musée du Louvre, Département des Arts graphiques, Paris


Warning: Division by zero in /home/clients/0deb622195b4b7c1d27706551908fa94/web/wp-includes/comment-template.php on line 1459